Y'ét mie pon dit qu'ti t'é pon d'ichi. Ti, li, mi - Li, mi, ti - Mi, ti, li. Y'ét dit qu'li y'ét nin d'ichi. Arfrin Béh ! nou-z oetes ed d-ou qu'in-n ét ? D'ichi ou d'Lambaréné ? Pon pàrsonne i' ét d'nurvar, Même qu'o srot né au hasard. T'é-ti d'Lile ou d'Macassar ? Ed Dwai ou d'Pondichéry ? Cainbèrlot ou core Inuit ? Roubégnot ou Maori ?... Stella-Plache ou-bin Hambourg, O-z ét d'laù pi d'toutotour, D'ichi é-pi d'tout-partout D'tavaù pi d'n'inportëdou, D'Dinkèrque ou d'Tizi-Ouzou - I n-in foét por to's lés goûts. Ti, li, mi. Li, mi, ti. - Mi, ti, li. Y'ét dit qu'mi j'su nin d'ichi. Y'ét mie pon dit qu'mi j'su nin d'ichi. Ch'ét mie grafe d-ou qu'os restons, Ichi ou core au Gabon. Mi-z oete, ti-z oete, li étou ! Mi, ti, li : ezz oetes ch'ét nous.
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Traduction Toi, lui, moi. - Lui, moi, toi. - Moi, toi. lui. Il est dit que toi tu n'es pas d'ici. Il n'est pas dit que toi tu n'es pas d'ichi. Toi, lui, moi. - Lui, moi, toi. - Moi, toi, lui. Il est dit que lui n'est pas d'ici. Il n'est pas dit que lui n'est pas d'ici. refrain Alors ! nous autres nous sommes d'où ? D'ici ou de Lambaréné ? Aucune personne n'est de nul part, Même qu'on serait né au hasard. Toi, tu es de Lille ou de Macassar ? De Douai ou de Pondichéry ? Cambrésien ou encore Inuit ? Roubaisien ou Maori ?... Stella-Plage ou bien Hambourg, Nous sommes de là et de tout autour, D'ichi puis de partout D'un endroit et de n'importe tout, De Dunkerque ou de Tizi-Ouzou - Il en faut pour tous les goûts.
Toi, lui, moi. - Lui, moi, toi, - Moi, toi, lui. Il est dit que moi je ne suis pas d'ici. Il n'est pas dit que moi je ne sois pas d'ici. Ce n'est pas grave où nous habitons, Ici ou encore au Gabon. Moi autre, toi autre, lui aussi ! Moi, toi, lui : les autres c'est nous.
'Eh bin ! mes gins, qu'mint va-t-y ? Avez-vo's bin foét Gayant ? Avez-vo's eu gramin d' ploézi ? To't chaù-t-i bin passé ?...
- J'm'attind equé vo' dirot aüi, pache ch'ét pon l'imbarra : chl'année ichi i' n'y aù eu eune masse d'piteux, moéme equ'Gayant equ'i' nn'éto't si bénache qu'i' a v'nu din l'quartier Jean-de-Bologne, d'où qu'i' n'avo' jamoé lis in pié, sinon s'z'infants...
- Extrait du chapitre XXII du tome 2 (1861) de 'Souv'nirs d'un homme de Douai... de Louis Ferdinand Déchristé.
Traduction :
'En bin ! mes gens, comment allez-vous ? Avez vous bien fêter Gayant ? Avez-vous eu beaucoup de plaisir ? Tout c'est-il bien déroulé ?...
- Je m'attend à ce que vous me dites oui, parce pas d'embarra : cette année, ici, il y a eu une masse de cuités, même que Gayant, il en était si heureux qu'il est venu dans le quartier Jean-de-Bologne, où il n'avait jamais mis un pied, sinon ces enfants...
j’écris ce poème depuis toujours chaque écrit n’est qu’une réécriture j’enclenche la fonction repeat de ma mémoire la gare de Lille se vide des ombres désertent le quai la voix synthétique de l’hôtesse annonce un train à destination de Béthune le train démarre lignes grises et noires du vent trajectoire météorique lumineuse le paysage défile des champs des villes des briques rouges et des pylônes électriques des terrils des nuages gris des nuages blanc sur mon cahier la marge rouge ronge la feuille le trait vertical de la feuille ressemble à une frontière pourtant pas besoin de visa pour écrire les premières lettres l’encre bleue coule en liberté sur le cahier elle dessine des mots et ne ponctue plus de phrases elle jaillit comme à la source d’un Fleuve les mots s’impriment en vitesse sur ma rétine j’écris d’un trait jusqu’au point final invisible en sortant de la gare je file vers la Grand-Place de Béthune par le boulevard Poincaré je m’arrête dans le premier troquet chez Papa Schutz rideaux transparents de dentelles grises bar à la colorimétrie marron et orange très sombre impressions floues je commande un demi à la pression plonge mon nez dans la mousse blanche délivrance je bois une rasade puis 2 voici une bonne bière fraîche du nord au goût d’amertumes de houblon de regrets aussi ici le visage des fantômes est convoqué ils se présentent en file indienne en farandole un Karnaval le demi se vide encore un et retour dans le bus par la vitre la beauté blafarde des paysages artésiens s’impose les champs illimités l’horizon je descends au prochain arrêt Parc de la Porte Nord on pourrait passer sa vie ici la passer à tourner en rond autour des ronds-points comme un con cette structure hyper marchande composée de hangars hideux mange la terre arable des champs mon regard se perd dans cette forêt d’enseignes vulgaires vraiment tout est bon dans le cochon qui sommeille en nous combien de fois ai-je eu envie de gerber ici sur ces parkings démesurés parfois je traversais la route nationale et me retrouvais en face dans les allées paisibles du cimetière de La Buissière j’oubliais alors la nausée et je pensais à mon grand-père un autre bus passe en direction de Place des Provinces d’autres souvenirs remontent à la surface les bulles translucides d’une limonade mon enfance heureuse j’arrive à Bruay le vert délavé de l’herbe surligne la noirceur de la terre je suis à Bruay ici je marche comme j’ai toujours marché c’est mécanique les rues se suivent en enfilades parallèles et perpendiculaires quadrillage géométrique parfait de Bruay je reconnais ce labyrinthe urbain concret le tempo de mon cœur se synchronise à mes pas pulsation intime d’une boîte à rythme mon cœur bat ici à l’unisson de la pluie je ne suis pas un danseur pourtant je danse sur les trottoirs détrempés de la ville rue de la République mon corps se délie lentement rue Alfred Leroy je deviens liane qui s'entrelace aux lampadaires urbains rue Louis Dussart je ne suis qu’une ombre rue Jules Guesde une auréole rue Paul Descamps une empreinte de pas qui disparait vers les 4 chemins si tu savais Bruay La Brique le passé ouvrier et minier n’est plus Rue Raoul Briquet si tu savais Bruay La Brique si tu savais je marche dans les rues désertes de la ville paradoxe tout m’est devenu étranger je n’entends plus ton cœur historique palpiter j’écoute murmurer les murs la brique eux se souviennent le son de la poussière s’agrège à l’asphalte des trottoirs s’élève en spirale vers le ciel bleu liquide j’entends des rires et je vois des silhouettes fantomatiques elles entament une dernière sarabande tous les troquets sont fermés où vont-ils boire le dernier verre de l’amitié retrouvée chez Jean Paul à la Maxéville chez Zaza chez Papou la place du Cercle est devenue amnésique déserte le lycée Carnot ressemble toujours à un paquebot jadis je rêvais d’un grand voyage à son bord mais il est toujours resté à quai comme toutes mes aspirations d’adolescent
- Jacques, Jacques ! J’én y arriverai jamoais ! Et pi j’ém sins riditchule, conme o, dvant chés gins.
- Otchup’t éd ti ! én t’otchuppe point dé zz’eutes !... Tiens, in
perlant d’o, à d’où qu’ch’est qu’i sont passès, zz’eutes ? Juliette, y o
pu parson-ne su chol plage ! Oh, pi chol plage al rapiotit ! O sonme
incherclès ! - Jacques, y o dol ieu tout partoute ! La mer al monte !
Jacques, quoè qu’ch’est qu’o vons dévnir ? O vons mantcher no train !
Et pi no glaines qui n’vont point avoér leu picotin ! Jacques, foais
quique cose, j’én veux point morir noéyèe : éj n’ainme point l’ieu… et
pi j’én sais point coér nager tout à foait. - Ah, m’feume, coér bien qu’éj sus lo ! - Ti, t’os inne idèe ! Ah, émn honme, j’él savoais ! Ecmint qu’o vons foaire ? - O va boère tout’. Jusqu’à tchèr !
PAIN ! Ch'taink, i' ét nin sexchuel ! awé ? Pi Kaint ? J'aù l'edzir ed vo's adsiné in thcheur. I' aù démuché ch'Graaaùl ! Moé a-t-i' démuché ch'falimatias ? Ch' gris pikar eque l'in treune intàr chés doégts. Conbin ét'i' por élijier chés pyramides ? O boin dhiu ! in chavet vert savot ! Ej savo eque j'allo foére énne fote... ...Nuaches, émoliétes pi fuano à chl'onbe dech po:ème, cheule épieulrie ed chés monnes, jouglars d'àrtré, thiot raùt d'opéra in ploénne bàre qui kache cheule note scottich rock 'n' roll. Caukette maillée à cheule manne, no's sonmes chés cancelation pérmanape conme néches moé pon chés nuls dech joer eque s'ponte. Edzir' edvi ed Charlie Haden, Christoph' adsine chl'Arnomonica é-pi Anne : 'Quo ch'aù n'ét, ch'joqhér ?
Ch'lu, el vlaù ! Miss G.P.M...
traduction française du picard.
LA VOILÀ !
PAN ! Le tank n'est pas sexuel ! ah, bon ? Et Kant ? J'ai le désir de vous dessiner un cœur. Il a trouvé le graaal ! Mais a-t-il trouvé le falimatias ? Ce gris picard que l'on tourne entre ses doigts. Combien est-il pour dresser les pyramides ? O bon dieu ! Un chavert vert savait ! Je savais que j'allais faire une faute... nuages, mouettes et fuano à l'ombre du poème, la guerre des mondes, jongleurs d'expressions, petit rat d'opéra en pleine crampe qui cherche la note rock 'n' roll écossaise. Chaussette tricotée à la main, nous sommes les annulations éternelles comme neige mais pas ces nuls du jour qui se pointe. Désiré parle de Charlie Haden, Christoph' dessine l'Arnomonica puis Anne : 'C'est quoi, le joker ?
Bleuze Bérdhouke Bércq
BluesCh'ét nin katolike,Don Chiquotte arabiéFeurme ché'z'iés.Ch'ét éfro-ï-ape !Ej' ké din eune érainche extreumeIn in'r'vénant ed
TournéEj'su ercran !
Bleuze Bérdhoule Bércq
Blues.
Insipite ! Quoiss ?Arpiant, Dhiu i ét "carnéval",I a bu
brainmint trop ed soilE-pi kervé,I m'aù coére prouté à min nez.Droùlhe ed sintimint !?Cros
tu, ti ! Qui pourro coére avoèr el caristale ?
Bleuze-Bérdhoule-Bércq-Blues.
M'tit z'a m'tit,Dhiu ! Mort z'ife !Ech monne, i'
l'aro nin bradé,Din l
refrodio dech dhiape,À chés
molons ed lusiaux ?Eune
soïarte al'min el mourdreuxCope del
crosure d'Althéa
EJ KEUR... Elektrike-bleuze
dech ciu ernu, moé insolèl-ïé. El vert aploute ed chés canps ed porets. Chés
nwortes waraques ed chés canps aroïés. Chés fuelles in or pindent à zz'abes.
Iou ! Iou ! Chés machets ed porets canfourent al' bordeure del coéchie, é-pi el
gaune étrain dés chicos ed maïs ed consoma'zion. E-pi surtoute i avoi tros
glénes nwortes su l'bordeure dech kémin, aveuck pad-zous le pleumes, le pios
chés baïous ed chés albuteus... Ej keur.
traduction
BOUE-BLEUE-BERCK-BLUES
Boue Boue Berck BluesCe
n'est pas trés clairDon
Quichotte épuiséFerme les yeux.C'est
terrifiant !Je suis dans une errance extrême,De retour de
Tournai.Je
suis exténué.
Boue-Bleue-Berck-Blues
Insupportable ! Qu'est ce
qui se passe ?Turbulent, Dieu est "carnaval"Il a bu
beaucoup trop d'alcool de seigle.Puis saoulIl m'a encore pété au nezDrôle
d'odeurCrois tu !? Qu'il pourrait encore avoir la charité ?
Boue-Bleue-Berck-Blues
Petit à petit Dieu ! Ivre mort Le monde, il ne l'a pas vendu pour rien Dans la morgue du diable, Aux asticots de cercueils ? Une scie à la main le meurtrier Coupe de la guimauve.
JE COURS... Bleu électrique
dans le ciel orageux, mais ensoleillé. Le vert imbécile des champs de poireaux
; les noires mottes de terre des champs labourés. Les feuilles d'or pendent aux
arbres. Oh, là là ! Les monts de poireaux pourrissent au bord de la route, et
le jaune paille des chicots de maïs de consommation. Puis surtout il y avait
trois poules noires sur la bordure de la chaussée, avec dessous leurs plumes,
leurs peaux, les plombs imbéciles des chasseurs... Je cours.