lundi 6 juillet 2026
VINT D'OSIER / VENT QUI CINGLE de Christian-Edziré Déquesnes . - Illustration musicale : "Blowin' In The Wind" de Bob Dylan par Neil Young.
- À josé Vandenbrouke de Zwevegem - VINT D'OSIER / José, ed chés ainges démafiés / Kawa liég'os à min Gayant / Saing pi ceindres, farfue dés'cranée / Canchon ed chés saurets artreuvés /// Buké,taimbours ! Loq'teus ed fosse, / Ducasses d'aintan, g'vaus ed bos, / Thiots batios, Gilles ed Binches, / Mi toudi, à pié's décaus. /// Nwortes waraqyes ed ramintuvainche edziré / In min vint d'osier*.- Traduction du picard en français - José, de ces anges dévastés / Café liégois à mon Gayant / Sang et cendres , feu-follet dévitalisé, / Chansons des hareng-saurs, retrouvée. /// Gognez, tambours ! Dépenaillés des charnonnages / Ducasses de jadis, chevaux de bois, / Petits bateaux, Gilles de Binches, / Moi toujours va nus pieds. /// Noires bourrasques, des souvenances désirés / En mon vent qui cingle*. - En vers arithmonymes de 5, poème de Christian-Edziré Déquesnes de Dwai.
- *“Vent qui cingle” est la traduction correcte, c’est la bonne, la solide, la traditionnelle, celle qu’on retrouve dans : le parler picard rural (Ostrevant, Douaisis, Cambrésis) avec les expressions proches : vint e d’briquet, vint e d’pouque, etc. Vint d’osier, c'est le vent froid, sec, piquant, qui cingle comme des brins d’osier. C’est une image concrète : l’osier est souple mais dur, et quand il fouette, ça pique. Donc on parle d’un vent désagréable, coupant, typique des plaines du Nord. C’est la traduction linguistiquement fondée. “Ventre d’osier”, est une fausse piste, c'est une traduction qui apparaît dans des listes d’expressions mal recopiées, des sites qui mélangent allégrement picard, wallon, ch’ti, normand, des interprétations littérales sans connaissance du dialecte mais elle n’a aucun sens dans le parler picard. Ventre d’osier n’est pas une expression picarde ; c’est une erreur de segmentation : “vint” a été lu comme “ventre”. En picard, “ventre” se dit “vent” ou “ventre”, mais “vint” c'est le vent (comme en français ancien). Donc “ventre d’osier” est juste un contresens né d’une mauvaise lecture. Cette confusion existe ? Parce que : le picard n’est pas standardisé, les graphies varient selon les auteurs, certains recopient sans connaître le dialecte, “vint” peut être lu comme “vent” ou “ventre” par quelqu’un qui ne connaît pas le picard mais les locuteurs natifs et les dictionnaires sérieux ne donnent qu’un seul sens : Vent qui cingle. En conclusion claire Vent qui cingle est la traduction correcte, authentique, picarde, pour Vint d'osier, Ventre d'osier est une erreur, un faux ami, une mauvaise lecture sue de traduire par Ventre d'osier en référence à l'armature en osier de Gayant et des autres géants de la ville . Chés Vints d’osier à Douai, c'est devenu, certes, un surnom pour les natifs de Douai. Mais dans le parler local, l’expression a été réinterprétée ou réaffectée de manière humoristique ou identitaire, à ventre d'osier pour nommer un douaisien alors que c'est un terme météorologique populaire, pas un ethnonyme, pour désigner le vent froid, sec, qui cingle, comme des brins d'osiers et vient l'image du vent qui fouette le visage comme des baguettes d'osier. Les Douaisiens disent que c’est un nom pour les natifs de Douai mais deux raisons expliquent cette dérive, un jeu de langage local car à Douai, on aime les sobriquets, les clins d’œil dialectaux, les détournements, Comme pour Gayant, d’min coin, chés biloutes, etc. Certains a une époque ont adopté le parti pris dire “vint d’osier” comme une manière d'exprimer : “Chés gens d’Douai, chés qu’i sont d’ichi, chés qu’i connaissent l’vint d’osier.” Autrement dit, initialement, les Douaisiens sont “ceux du vent d’osier”, ceux du pays où souffle ce vent-là. Au fil du temps l'usage moderne, l'expression locale a été réinterprétée, souvent de servir un esprit folklorique douaisien à partir du personnage de Gayant, au ventre d'osier.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire